Leçon de « Géostratégie Africaine » n°
46 de Jean-Paul Pougala (*) :
« Il faut savoir d’où on vient pour savoir où on
va » insistent à répéter les historiens. Malheureusement, l’histoire que
nous croyons connaitre et qui sert de point de départ pour ce fameux voyage
vers le futur est très souvent un ensemble de bricolages et de tripatouillages
du plus fort et puissant du moment qui peut ainsi présenter une version
édulcorée, très indulgente de ses propres échecs, lorsqu’il ne les présente pas
tout simplement comme succès.
Nous allons voir ci-dessous quelques exemple de
comment les livres d’histoire ne nous disent pas toujours la vérité sur les
faits passés. L’histoire est avant tout le choix sur plusieurs versions du même
fait, en fonction de l’intérêt qu’on souhaite privilégier. On peut ainsi, de
façon délibérée nier la réalité et inscrire dans les livres d’histoire,
ce qu’on aurait voulu que ce soit et non la photographie des faits.
A- MENSONGE INTERNATIONAL
1- LE MENSONGE DERRIERE LA HAINE DE LA
RUSSIE PAR L’OCCIDENT
Lorsqu’on pose la question : pourquoi cette
phobie qu’ont les occidentaux contre la Russie ? La réponse est presque
unanime : à cause de l’héritage de la menace que représentait ce pays
durant la guerre froide. Ce qui est faux, bien évidemment. Nous sommes là
devant un des cas les plus hallucinants de la falsification de l’histoire
moderne. Une histoire écrite à l’Ouest de 30 millions de soviétiques ukrainiens
tué par Staline dans les goulags. Une information complètement fausse, mais
savamment entretenue depuis son auteur Hitler, jusqu’à nos jours.
Pour reconstruire ce grand mensonge de l’histoire, il
faut lire le chef d’œuvre du dictateur allemand Adolf Hitler publié en 1925,
intitulé Mein Kaft dans lequel il écrit que l’Ukraine doit devenir une
région pour garantir l’épanouissement et l’espace vital de l’Allemagne. La
propagande Nazie va s’en saisir pour marteler qu’il fallait libérer ce
territoire des « êtres inférieurs » pour permettre à la race
allemande de s’épanouir. Mais ce territoire est russe et communiste. Comment y
parvenir ? C’est le début de la haine contre les russes. Pour y parvenir,
Hitler va se servir de 3 personnes : Hearst, Conquest et Soljenitsyne.
Alors que pendant 60 ans l’histoire officielle en
Occident avait toujours fait circuler une fausse version de l’image de Staline,
il faudra attendre 9 ans après la chute du mur de Berlin pour que quelqu’un ait
le courage de revisiter tout le mensonge de la centralité de l’histoire entre
l’occident et la Russie. Le premier à remonter à Hitler et rapprocher les 3
hommes au service de la propagande de dénigrement de Staline et l’URSS, pour la
conquête de l’Ukraine c’est Mario Sousa qui publie en avril 1998 le résultat
d’un recherche intitulée : « Les Mensonges sur l’histoire de l’Union
Soviétique », très dense et documentés dans Proletären, le journal du
parti communiste suédois KPML.
Pour Mario Sousa, Hearst est l’ami américain de Hitler
est le plus important de cette manipulation de l’histoire, en mettant en jeu sa
richesse et son empire médiatique.
William Randolph Hearst est un multimillionnaire
américain, fils de Georges Hearst , sénateur américain, richissime propriétaire
de mines et de plusieurs journaux de faits divers, dont le San Francisco Daily
Examiner à la tête duquel il va nommer ès 1885 son fils, le prodige William,
qui lorsqu’il devient ami de Hitler, il est en 1935, considéré comme l’homme le
plus riche du monde, grâce à son empire des médias fait de 2 agences d’information,
12 stations radios 25 quotidiens et 24 hebdomadaires couvrant tout le
territoire des USA, avec 13 millions de copies vendues chaque jour pour 40
millions de lecteurs, qui seront tous mis au service du fureur dans sa guerre
psychologique contre l’Union Soviétique et son président. Son influence
est telle qu’il réussira à retarder l’entrée en guerre des USA contre Hitler.
Pire, il réussira surtout à faire en sorte que les USA ne s’allient pas à
l’URSS pour lutter efficacement ensemble contre Hitler et écourter la durée de
la guerre.
Comment en est-on arrivé là ?
En 1934 Hearst fait un voyage en Allemagne où il
rencontre Hitler qui lui expose ses idées sur la nécessité vitale pour
l’Allemagne d’envahir l’Ukraine et d’en faire le grenier du pays. Lorsque
Hearst rentre aux USA, ses 40 millions de lecteurs quotidiens de faits divers
seront servis par une nouvelle littérature contre l’Union Soviétique. Et pour
écrire les articles les plus abominables contre l’Union Soviétique, Hearst ne
va pas passer par quatre chemin pour recruter un journaliste, il va tout
simplement publier et régulièrement les articles que lui envoie Goering, le
bras droit de Hitler. Tous les deux vont expérimenter une technique de
manipulation et de diabolisation qui sera ensuite utilisée contre l’Afrique et
ses dirigeants chaque fois qu’ils ne seront pas suffisamment
dociles : il
s’agissait de projeter dans l’imaginaire collectif de l’opinion publique
américaine l’idée des dirigeants soviétiques, tous gangrénés par la corruption,
et le peuple extrêmement pauvre à cause de ses dirigeants incapables.
Les gros titres étaient fournis directement par la gestapo, la police secrète
nazie. Le 18 février 1935, à la Une du Chicago American, il y al titre : 6 millions de morts
de famine en URSS.
Lorsque Hearst meurt en 1951, grâce à son empire qui
compte désormais 100 quotidiens et emploie 15.000 personnes, il a réussi à
mettre les bases de la guerre froide basée sur la peur de l’Union Soviétique.
C’est la CIA qui va récupérer son héritage et relancer de plus belle.
Lorsque Ronald Reagan arrive au pouvoir comme
président des USA de 1981 en 1989, il a besoin de faire passer ses
reformes ultralibérales, pour déréguler l’économie américaine et donc, créer
plus de précarité, avec moins de la présence publique. Pour y parvenir sans
susciter de remous de ses citoyens, il ira pécher dans la presse nazie de
Hearst, la fable des morts de famine en Union soviétique. Cette fois-ci, il
frappe plus fort que Hearst, et fait passer ses précédents 6 millions de morts
à 15 millions de famine, en plus de 11 millions de morts de la torture
socialiste, à travers 2 initiatives de manipulation, extraordinaires : l’université pour la crédibilité
académique du mensonge et le cinéma pour cimenter et inscrire le mensonge dans
le marbre de la pensée populaire comme vérité absolue. Il vient de Hollywood comme
acteur et donc, il connait la force du cinéma. C’est ainsi qu’en 1984 c’est un
professeur de la prestigieuse université américaine de Harvard de Boston qui va
publier un livre du titre : « Human Life in Russia » (ou la vie
humaine en Russie), deux ans après, en 1986 c’est un ancien membre des services
secrets britanniques, devenu professeur d’histoire à l’université américaine de
Stamford en Californie, un certain Robert Conquest qui va encaisser la somme de
80.000 dollars pour avoir mis sa signature sur un livre intitulé :
« Harvest of Sorrow » ou la Moisson du Désespoir, qui sera interprété
au cinéma la même année avec le titre « Harvest of Despair », ou bien
la Moisson du Désespoir. La même année, Conquest est recompensée,
puisqu’il est recruté par Ronald Reagan en personne pour écrire un texte pour
préparer le peuple américain à une pseudo invasion russe. Ce texte sera
intitulé : « Que faire quand les Russes arrivent - un manuel de survie ».
Mais qui est ce professeur d’histoire dénommé
Conquest ? Pour le savoir, il faut faire un saut en arrière de 10 ans pour
lire dans le journal Britannique The Guardian du 27 Janvier 1978 qu’à l’IRD
(Information Reseach department) des services secrets britanniques, il
travaillait au département chargé de la désinformation sur l’ Union
Soviétique, c’est-à-dire que son rôle était de fabriquer de fausses histoires
croustillantes pour les politiciens et journalistes occidentaux pour dénigrer
l’Union Soviétique. Dans ce même journal, The Guardian va plus loin et révèle
qu’il y avait plus de 100 journalistes qui à travers leurs articles faisaient
semblant d’avoir été sur le terrain de la prétendue terreur en Russie, mais qui
au fond fabriquaient tous leurs articles à partir des fausses informations
fournies par le bureau de Conquest. Et parmi ces journaux, The Guardian
cite : Le Daily Mirror, The Times, le Financial Times, The
Economist, le Daily Mail, The Express, The Guardian lui-même et bien d’autres
encore.
Tout ce mensonge ne va pas laisser indifférent un
homme, c’est un journaliste canadien du nom de Douglas Tottle qui écrira en
1987 un livre intitulé : « Fraud, Famine and Fascism » ou
Mensonge, famine et fascisme. Et un sous-titre tout aussi évocateur : « la
fable du génocide ukrainien d’Hitler à Harvard ». Dans ce livre, Tottle
démonte point par point les mensonges qu’on a servie à la population américaine
pour eau bénie. Il montre par exemple que les photos que Hearst avaient publiées
à la Une de ses journaux et reprises par les professeurs universitaires étaient
en réalité des photos provenant ou de la guerre civile russe de 1917 ou
des morts américains de l’épidémie de la fièvre espagnole qui avait fait 20
millions de morts de 1918 à 1920 en Europe et aux USA.
Quel est
l’écrivain Russe le plus plébiscité en occident ? C’est Alexandre
Soljenitsyne, récompensé même par un prix Nobel de la littérature. Mais
lorsqu’on sait que le Nobel attribué au camp ennemi comme celui de la Paix au
chinois Liu Xiaobo en 2010, pour son livre « L’Archipel du goulag »
Soljenitsyne va
gagner le prix Nobel de littérature 1970. Il doit remercier l’occident pour ce
prix. En 1974, il renonce à la nationalité russe et émigre en Suisse, puis aux
USA où dès l’année d’après, c’est-à-dire le 15 Juillet 1975 il doit parler au
Congrès Américain, devinez de quoi ? Bien sûr pour dénigrer son pays.
Soljenitsyne se trouvait un peu dans le même piège de plusieurs africains de la
diaspora qui pour remercier les pays hôtes de les héberger, se mettent dans une
posture permanente de réfugiés virtuels qui doivent dénigrer leur pays
d’origine constamment pour avoir le « benestare » du pays hôte. Comme
Liu Xiaobo qui soutenait Bush pour sa guerre en Irak, Soljenitsyne milite pour
que les USA attaque encore le Vietnam, parce que pour lui, la défaite de la
Nation américaine contre des communistes de Vietnam est tout simplement
inacceptable. Surtout
que, selon lui, il existerait des milliers de soldats américaines encore prisonniers
au nord du Vietnam. Ce sont ses mensonges qui vont inspirer les films Rambo. Il
regrette que le Portugal qui est un pays civilisé de l’Occident a pu donner
l’indépendance à des pays incivilisés comme l’Angola et le Mozambique. Mais là
où Soljenitsyne, va faire encore plus fort c’est le 20 mars 1976 lorsqu’à la
chute du dictateur espagnole Franco il va en Espagne pour mettre les espagnoles
en garde contre le socialisme qui risquait de remplacer le fascisme de Franco,
à la transmission Directissimo et repris le lendemain 21 mars 1976 au journal
télévisé de la télévision ABC, il déclare que le socialisme avait tué 110
millions de russes. Le mensonge de Hearst de 6 millions de morts était arrivé à
15 millions de Conquest et maintenant, il était devenu 110 avec le nouveau
chouchou de l’occident Soljenitsyne, avec une inflation des mensonges contre
son pays.
Voilà comment 3 personnages pour 3 raisons différentes
ont pu contribuer à la falsification d’une histoire qui conditionne le présent
des deux pays les plus armés au monde. Mais surtout, voilà comment un dictateur
comme Hitler honnis par les livres d’histoire peut continuer de vanter la
paternité d’un positionnement stratégique de l’occident qui lui voue une
fidélité à sa politique en continuant à haïr l’ennemi qu’il s’était fabriqué
pour les besoin de sa politique macabre.
2- LE MENSONGE SUR LA POLITIQUE
EXTERIEURE AMERICAINE
L’histoire enseignée aux petits américains dans les
écoles dit que les USA sont entrés en guerre contre le Vietnam du Nord, parce
qu’en Aout 1964, deux de leurs sous-marins qui étaient entrés par erreur dans
les eaux territoriales vietnamiennes avaient été détruits avec tous les marines
morts à l’intérieur. Et que deux jours plus tard, comme on est en démocratie,
le président Johnson avait fait la requête et obtenu du Sénat américain
l’autorisation pour lancer sa grande campagne de bombardements du Nord-Vietnam.
Toute cette histoire est vraie en apparence. Lorsqu’on va consulter les
documents déclassés de l’administration Johnson, on a la surprise de constater
tout simplement que le président a menti. Il n’y a jamais eu le moindre
affrontement en mer avec les militaires Vietnamiens. Qu’importe, le président a
voulu sa guerre et il l’a obtenue. Pourquoi donc les historiens ne corrigent pas et disent clairement que
les américains ont mené une lâche attaque contre un pays qui n’avait rien fait
pour menacer les marines américains ? Parce qu’il ne faut pas mettre en question la perception
que le monde entier a de la démocratie américaine. Surtout, il ne faut pas
faire passer l’idée selon laquelle, à la fin, la Chambre des Représentant ou le
Sénat est une inutilité, puisqu’en dernier ressort, c’est la décision du
président qui prime surtout quand la majorité des membres de la chambre des
représentants est de son même parti politique.
Pour commémorer les 3 ans de l'intervention américaine
en Irak, Howard Zinn publie une tribune dans la revue américaine
"The Progressive" intitulée : 150 ans de mensonge dans la politique
étrangère des USA dans laquelle il écrit : "Si nous ignorons l’histoire, alors nous sommes de
la viande toute prête pour les politiciens les intellectuels et les
journalistes qui fournissent les couteaux à découper".
Le 12 septembre
2002, devant le Conseil de sécurité de l’ONU M. George W. Bush présente son
célèbre rapport d’accusation contre M. Saddam Hussein avec le titre qui lui
allait bien : « Une décennie de mensonges et de défis » dans lequel il établit
deux mensonges : Saddam a des liens étroits avec Al Qaeda et qu'il possède des
Armes de Destruction Massive. Les 1400 inspecteurs américains dénommés :
Survey Group, dirigé par le général Dayton, qui fouilleront tout le territoire
iraquien à la recherche de telles armes n'en trouveront même pas une trace,
tout simplement parce qu'au moment où Bush présente son rapport aux Nations
Unies, ses services de renseignement l'ont déjà informé que cette information
n'est pas fondée. Mais qu'importe, l'histoire est aussi la reconstruction d’un
raccourci qu'on a construit pour arriver à certains objectifs, très souvent
mesquins. Ce qui a fait dire à la représentante californienne à la chambre des
députés Mme Jane Harman dans une interview publiée sur le quotidien français
Libération du 28 mai 2003 qu'il s'agissait de : « la plus grande manœuvre
d’intoxication de tous les temps ». Cela
a-t-il suffit pour que les historiens américains redorent le blason du
président irakien mort, pendu par les pantins de Washington après un procès
sommaire digne de la vraie barbarie démocratique sous l’égide des Etats-Unis
d’Amérique ? Bien sûr que non.
3- LES MENSONGES SUR LES VRAIS
BELLIGERANTS DE LA GUERRE DU VIETNAM
Les livres
d’histoires rapportent que le petit Vietnam a battu le grand pays que sont les
Etats-Unis d’Amérique. Faux. Il existe un fait que les historiens soit
américains que vietnamiens ne reportent jamais, pour des raisons de
géopolitique pour le premier et de fierté nationale pour le second, c’est qu’au
Vietnam, les américains ne combattaient pas uniquement contre les vietnamiens,
mais aussi et surtout, contre les chinois. Il faudra attendre 33 ans après
l’engagement chinois au Vietnam pour qu’en 1996 le porte-parole du Ministère
Chinois des Affaires étrangères pour la première fois confirme les faits et
fournit même des chiffres selon lesquelles de 1965 à 1973, la Chine avait
envoyé 320.000 soldats de l’Armée Populaire de Libération voler au secours de
la protégée communiste, RDVN, République Démocratique du Viêt Nam, surtout dans
trois taches principales : la défense aérienne, qui a permis d’abattre
2140 avions américains et 2300 hélicoptères, la logistique et le
génie-militaire pour reconstruire en un temps records tous les routes et
surtout, les ponts détruits par l’aviation américaine. Mais la marine
chinoise y était aussi présente avec ses dragueurs de mine pour nettoyer 201 km
de côtes, aussitôt que les américains les couvraient de mines. Le porte-parole
ce jour-là a même communiqué le nombre de morts et de blessés, bien entendu
exagérément corrigé à la baisse pour ne pas susciter en Chine même un remous.
Selon ce porte-parole chinois, l’Empire du Milieu ne cessera l’envoi de soldats
au Vietnam qu’après le départ des troupes américaines du Vietnam le 29 mars
1973.
2 ans avant ce retrait des 541.000 soldats américains
du Vietnam, en 1971, les USA, tendent la main à Mao qui vient de décider
d’ouvrir son pays vers l’extérieur. Le premier à en faire les frais sera
Taiwan, le protégé des USA qui va dès ce 1971 quitter les Nations-Unies,
remplacé par la République Populaire de Chine de Mao qui devient le 23 novembre 1971 membre, non seulement membre des
Nations Unies, mais avec comme Bonus, un siège de membre permanent au Conseil
de Sécurité. Même si Henry Kissinger tentera dans ses mémoires, de minimiser
l’échec de la diplomatie américaine symbolisé par ce sacrifice de Taiwan avec
ce vote du 25 octobre 1971 où la motion d’un petit pays comme l’Albanie va
battre celle américaine de 76 voix contre 35 pour admettre la Chine et exclure
Taiwan des Nations Unies. L’année d’après le Président Nixon se rendra en Chine
où il rencontrera le président chinois Mao le 29 février 1972. Et un an après, les Etats-Unis
vont officialiser leur défaite face aux troupes chinoises en secours de leur
protégée, l’armée vietnamienne et quitter le Vietnam donc ce 29/3/1973 après y
avoir englouti presque 150 milliards de dollars (près de 800 milliards de
dollars à la valeur de 2012) et perdu 58.000 de ses jeunes soldats, mais aussi,
fait ses 158.000 blessés, et tué selon les sources, de 1 à 4 millions de Vietnamiens,
pour une cause qui à ce jour n’a toujours pas été révélée au peuple américain.
C’est-à-dire que les Américains ont décimé près de 10% de la population
vietnamienne pour un résultat nul. Exactement comme avec ses alliés plus de 30
ans plus tard en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie.
Mais pourquoi
la Chine est-elle entrée en guerre contre les Américains ? Parce que le
gros mensonge que 3 présidents américains : Kennedy, Johnson et Nixon
avaient raconté sur la raison de leur entrée en guerre : empêcher que le
communisme du Nord arrive au sud, n’avait convaincu personne à Pékin. En effet,
pour Pékin, la vraie raison de la guerre au Vietnam et qui ne figure pas à ce
jour dans les livres d’histoire est que les américains voulaient encercler la
Chine par leur présence militaire, après ses troupes stationnés au Japon et en
Corée du Sud. Et si ça se terminait mal, elle aurait tout simplement nié
d’avoir jamais mis les pieds au Vietnam.
Au Vietnam, la Chine a inauguré une nouvelle forme de guerre dite d’effacement. Le
fait de cacher l’implication de la Chine dans la guerre au Vietnam privait les
américains d’une information capitale sur l’effort financier de la guerre. En
effet, tous les stratèges de Washington avaient parié sur l’étranglement
économique des Vietnamiens, ce qui aurait contribué à les affaiblir et porté à
leur échec. Ce qu’ils ignoraient, c’est que les Chinois avaient injecté dans
cette guerre la bagatelle somme de 20 milliards dollars US. Cette précision sur
le volet financier a aussi été apportée par le même porte-parole. Ainsi va
l’histoire qui passée sous le moule de la géopolitique n’est après le lessivage
qu’une succession de mensonges bien élaborés pour amuser les naïfs amants des
films de Holywood avec autant de Rambo que de Terminator qui font triompher la
grande Amérique quoiqu’il arrive. Malheureusement, ce n’est que dans les
films que désormais le plus fort pourra être certain de déclencher une guerre
contre le plus faible et gagner à coup sûr. Le désordre d’après Kadhafi en Libye,
avec l’assassinat de l’ambassadeur américain Stevens est là pour nous le
prouver. L’Irak et l’Afghanistan sont autant d’exemples qui prouvent que les
mensonges de l’histoire portent nécessairement à la méconnaissance de la
réalité et donc, au risque de répéter les mêmes erreurs pour en récolter les
mêmes résultats.
4- MENSONGE PAR OMISSION
En avril 1944, quelques semaines avant le débarquement
des troupes anglo-américaines sur les côtes Normandes dénommée « Opération
Overlord », il fut décidé de lancer une autre opération *, celle là dénommée
« Opération Tiger » dont le but était de servir d’exercices sur des
plages britanniques semblables à celle françaises choisies pour le débarquement
à venir, pour tester les hommes et les appareils. Un bataillon entier se trompa
de destination et se dirigea vers les côtes françaises où les attendaient
les soldats allemands. Pris de panique, la plupart des soldats de ce régiment
se jetèrent à l’eau, alors qu’ils ne savaient ni nager, ni même comment utiliser
le gilet de sauvetage. Ajouté à ce cafouillage la malchance qui fait qu’au mois
d’Avril l’eau de la Manche est glaciale et qu’aucun être humain même muni d’un
gilet de sauvetage ne peut survivre plus de quelques heures, on arrive au bilan
effroyable de 639 morts noyés. Ce fiasco qui reste l’un des plus retentissants
de l’histoire des exercices militaires, curieusement ne figure dans aucun livre
d’histoire, parce que tout a été fait pour que cette stupide tragédie soit
oubliée. Ses auteurs y sont parvenus en faisant taire les rescapés, en
nettoyant les archives militaires qui font que même l’exercice lui-même résulte
de n’avoir jamais eu lieu. Il a fallu attendre le courage des journalistes qui
en on tiré un documentaire diffusé à partir de 20 heures 40’ du 4 Mai
2006 par la chaine culturelle germano-française ARTE.
La question la plus intéressante est certainement
celle de savoir pourquoi cet acharnement à nettoyer les traces des événements
aussi tristes soient-ils, mais qui font partie de la deuxième guerre mondiale ?
Pour répondre à cette question, il nous suffit de nous poser une autre
question, celle de savoir qui était ce cancre qui commandait cette funeste
opération ? Et la
réponse à elle seule suffit pour comprendre les raisons d’une telle omission de
l’histoire. A guider ce fiasco était celui que les livres d’histoire nous
présentent comme le héros de la deuxième guerre mondiale, le Général Dwight D.
Eisenhower. La réponse est toute trouvée : il ne fallait pas entacher la
réputation du Général sur le chemin qui allait le porter à la Maison Blanche.
Pire, c’est une fois devenu président que les historiens vont montrer plus
d’indulgence et de complaisance vis à vis du président américain et tout
simplement décider de mettre une croix sur cette épisode aussi important de la
seconde guerre mondiale, mais de nature à atténuer la stature héroïque
qu’on veut attribuer Eisenhower.
Voilà comment souvent le simple silence de l’histoire
peut se transformer en falsification, comme le prix à payer pour orienter les événements
dans un sens ou dans l’autre en fonction des objectifs et des intérêts qu’on
veut atteindre, avec bien entendu, la complicité des historiens.
B- MENSONGE NATIONAL
5- LE MENSONGE SUR L’INVENTION DU
CINEMA
Quand et Qui a inventé le cinéma ? Réponse :
en 1895 par les frères Lumières , nous disent les livres d’histoire. Mais pour
découvrir le mensonge, il faut essayer de faire tourner légèrement le cerveau
et poser une autre question que la prestidigitation du système nous a empêché
de voir de prime abord. Et cette question c’est : quel a été le premier
film de l’histoire des humains et quand l’a-t-il été réalisé ? La réponse
est : « Une scène au jardin de Roundhay » en 1888. Alors
on se rend bien compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Si on a inventé
un appareil en 1895, comment peut-on expliqué que 7 ans auparavant il était
déjà fonctionnel ? A moins que… Et si ce film ne l’était pas par les
frère Lumières ? Bingo ! Lorsqu’on quitte l’évidence de croire que
naturellement le premier film était l’œuvre des frères Lumières et on se pose
une autre question : Qui est le réalisateur de ce film ? La réponse
est tout aussi surprenante : Louis Aimé Augustin Le Prince né à Mets en France en Aout
1842. Comment Le Prince pouvait-il réaliser un film en 1888 alors que le
caméscope ne sera inventé qu’en 1895 ? simple, parce que c’est bien lui le
vrai inventeur. Mais le tripatouillage de l’histoire a fait taire son nom.
Le Prince était un photographe qui depuis son enfance avait eu la chance
de fréquenter un certain Louis Daguerre, l’inventeur de la photographie (sur
plaque de fer) qui lui enseigna tout de son métier, la photographie, mais
surtout, la chimie. Il devint célèbre en imprimant des photos sur la poterie.
Dès 1881, il invente sa première camera avec 60 lentilles pour enregistrer
plusieurs images à la fois. Mais le film qui en sortait n’était pas
stable, il sautait. Le Prince mettra 6 ans pour trouver la faille et comprendre
que c’était dû à l’écartement non maitrisé des 60 lentilles. Il corrige son
erreur et dépose son brevet dès 1887. Et réalise le fameux premier film l’année
d’après, en 1888. Deux ans plus tard, en septembre 1890, il prend le train à
Dijon pour se rendre à Paris où l’attend un grand investisseur pour exploiter
son brevet. De ce train, le Prince ne descendra plus jamais. Il fut assassiné
avant son arrivée à Paris et à ce jour, son corps n’a jamais été
retrouvé. Si on avait retrouvé son corps, ses héritiers auraient bénéficié de
l’invention de leur papa et personne d’autre n’aurait prétendu à quoi que ce
soit. Mais comme son corps n’a jamais été retrouvé, tous ses brevets furent
suspendus (en attendant le jour où il reviendra). Et c’est comme cela que les
frères Lumières purent prétendre à la paternité de l’invention du cinématographe
et être célébré dans tous les livres d’histoire à la place du pauvre Le Prince,
en déposant en février 1895 le brevet de leur appareil qui non seulement
pouvait enregistrer l’image, mais pouvait aussi le projeter à l’écran,
utilisant une pellicule perforée qu’un système de griffe permet de placer
chaque image devant la fenêtre prévue pour la projection .
6- LE MENSONGE SUR LA REVOLUTION
FRANCAISE
Les petits enfants français apprennent à l’école que
la fête nationale française du 14 Juillet célèbre prise de la Bastille en 1789,
symbole de la Révolution Française. Ce qui est faux. Ici aussi, la propagande
politique a eu raison de la vérité historique et des petits arrangements ont
été faits pour offrir au peuple français une histoire plus profonde et pleine
d’éthique et l’idéale de la société, bâtie sur la prise de conscience de ses
citoyens. Cherchons à voir plus clair sur ce qui s’est réellement passé. Pour y
arriver, nous devons procéder comme d’habitude par grade, en nous mettant au
niveau de l’intelligence d’un enfant de 10 ans. Ce qui conduit inévitablement à
nous poser une question très simple : depuis quand la date du 14 Juillet
est-elle la fête nationale française ? Si c’est depuis 1789, on peut donc
déduire que oui, l’histoire racontée est proche de la vérité. Mais la réponse à
cette question n’est nullement celle qu’on pouvait s’y attendre. En effet, ce
n’est qu’en 1880 que les Républicains ont adopté le 14 Juillet comme jour de
fête nationale. Deuxième question très simple : avant 1880 quel jour
servait de fête nationale ? Réponse : durant tout le 19ème
siècle en France, cette même fête était célébrée le 15 Août. Mais pourquoi donc ce
mensonge ? Que cache-t-il d’autre ? Les mêmes livres d’histoire
enseignent aux enfants français que la prise de la Bastille était faite par le
peuple qui y est allé libérer les "victimes du despotisme",
injustement détenus ; et le début du pouvoir qui passe au peuple. Tout
cela est faux, bien entendu. Pour le savoir, demandons-nous quel était le vrai
nombre de ce fameux peuple emprisonné à la Bastille que la masse populaire
aurait libéré ? La réponse est : 7 personnes, dont 4
faussaires qui avaient fabriqué la fausse monnaie pour truander les banquiers
de Paris, 1 aristocrate pour le délit de perversion sexuelle et 2 fous. Tous
furent libérés, mais les 4 faussaires furent re-emprisonnés dès le lendemain,
le 15 Juillet 1789, les 2 fous transférés dans un asile. Pour revenir à la
question : que cache ces manipulations des faits historiques ? c’est
que la prétendue révolution française du peuple qui prend le pouvoir était un
simple coup d’état opéré par un bourgeois et Maire de Paris, alors appelé
« prévôt des marchands », un certain Jacques de
Flesselles. Le 14 Juillet ce qui intéresse Flesselles et sa milice (et
non le peuple), ce sont les Invalides où sont stockés les armes. C’est lorsqu’à
la troisième tentative lui et ses émeutiers réussissent à prendre les
Invalides qu’ils se rendent compte qu’ils ont les fusils, oui mais sans les
balles et sans la poudre qui sont tenus un peu plus loin, à la Bastille. Et
c’est ce qui va les conduire à la Bastille, pour prendre les munitions pour les
armes à peine récupérées aux Invalides. La révolution française est-elle
le début de la liberté ? Faux ! Quelques exemples : le
droit des personnes : abolition du servage dans le domaine royal en 1779,
abolition de la torture en 1781, abolition du péage pour juifs d'Alsace en
1784, fin de la persécution contre les protestants dès 1787, l'instauration
d'un impôt direct égalitaire et d'une assemblée provinciale du peuple pour
contrôler les impôts que payent les citoyens. C'est cette dernière réforme qui
touche aux intérêts des puissants (noblesse, députés, bourgeois) qui sera
fatale au roi Louis XVI, lorsqu'il ira jusqu'à vouloir passer par les Etats
Généraux en 1789 pour faire passer cette dernière réforme. Et le coup d'état
sera maquillé en Révolution Populaire et le pouvoir des castes de rentiers sera
maintenu jusqu'aujourd'hui. Tout le maquillage de l'histoire, avait donc pour
intérêt de faire passer en « volonté populaire », un coup d'état qui
ne réussit pas complètement, puisque le rois restera à sa place et organisera
même la première fête nationale du 14 juillet 1790, marquant le premier
anniversaire des émeutes de 1789. L'épilogue sera que ses auteurs vont passer
au plan B et accuser le roi Louis XVI de haute trahison et le guillotiner le 21
janvier 1793, ce roi avec qui ils avaient célébré trois ans auparavant le 14
Juillet 1790, le premier anniversaire de la fête dite de la Fédération, de la
réconciliation. Voilà pourquoi, ces putschistes dénommés
« Républicains » vont préférer une autre date, celle du 15 Août comme
jour de la fête nationale, pour faire oublier la fourberie et la violence de
leurs actes en cette date pour s’accaparer le pouvoir. Et ceci durera jusqu’en
1880.
7- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?
On entend souvent des revendications comme il faudra
d’abord enseigner aux Africains l’histoire de l’Afrique. Mais la question qu’il
convient de se poser c’est : Quelle histoire de l’Afrique ? Le vrai
problème est que la plupart des historiens africains ont été formés à la sauce
occidentale, qui par définition leur a enseigné la version de l’histoire qui
était compatible avec ses intérêts. Et comme pour la plupart ces intérêts sont
incompatibles avec ceux des africains, ces derniers sont tout simplement
balayés d’un revers de main par les spécialistes de la manipulation et de la
fabrique de l’histoire. Pour bien comprendre ce concept qui va sembler sans
importance, prenez une compétition sportive entre deux pays, entre deux villes.
Enregistrez les commentaires des journalistes sportifs qui décrivent la
compétition. Lorsqu’à la fin du match, on compare ces commentaires, des
journalistes des deux équipes, on a l’impression qu’il ne s’agit pas du même
match, parce que ce qui est un exploit pour l’un, est un manquement pour
l’autre, lorsqu’il y a un but qui suscite la joie dans un camp, le même but
suscite l’amertume chez celui qui a subi. Ainsi va l’histoire. Il est impossible
qu’un africain voit la même histoire qu’un Européen. Il est donc impossible
qu’un africain désigne la violence des déportations de millions d’Africains par
les Européens avec les mêmes mots, avec les mêmes adjectifs ou avec les mêmes
substantifs comme LA TRAITE. De la même manière, les africains victimes de la
violence de la période de l’occupation européenne ne peuvent pas désigner ce
fait par le même mot des européens. Il suffit de voir les nombreux films
réalisés surtout par les britanniques avec une certaine nostalgie pour
comprendre que le mot colonisation est laudateur pour l’Européen qui avec cela,
peut s’affranchir du viol du continent africain, puisqu’il se dédouane avec un
mot qui signifie qu’il a mis en valeur des terres en friches, et n’appartenant
à personne. De la même manière, des mots comme NEGRE, NEGROIDE,
NEGRIER, NEGROPHOBES, NOIR etc… sont à bannir du vocabulaire d’un africain, car
non seulement cela n’existe dans aucune langue africaine, mais en plus,
l’européen qui l’a utilisé pour nous désigner ne le faisait pas pour nous faire
plaisir.
Tous les fragments de l’histoire contemporaine
africaine enseignée dans les écoles et universités en Afrique ont été
construits avec la contribution financière de l’Europe ou de l’Unesco dont le
siège parisien nous donne une indication assez précise de quel intérêt est
privilégié. Il est donc naïf de parler d’une histoire contemporaine authentique
africaine avec les financements européens. C’est le gage qu’aucune vérité
troublante ne pourra être relatée.
Le pire c’est lorsque ces africains vont directement
dans les universités occidentales boire leur dose de propagande historique
mettant en scène la vision occidentale du monde, garantissant son image et ses
intérêts. Comment peut-on ensuite être surpris que ces personnes une fois en
fonction ignorent complètement l’urgence d’identifier au préalable les intérêts
nationaux à défendre avant toute action ?
Quelle crédibilité dans l’écriture de l’histoire
contemporaine africaine peut-on attendre des professeurs universitaires qui
affichent à la porte de leur bureau à l’Université où ils enseignent, non
seulement leur titre, mais surtout et en plus gros, le nom de l’université
occidentale où ils ont étudiée ? De Lagos à Nairobi, en passant par
Yaoundé, lorsqu’on visite la partie administrative des universités, les
noms : Harvard, Oxford, Sorbonne etc… se succèdent sur ces pancartes comme
si c’est l’occident qui allait lui-même se déplacer en Afrique pour dire sa
version de l’histoire. Pas besoin, il peut compter sur des intellectuels
africains complexés qui ne comprennent pas le ridicule de telles pratiques
surtout lorsque leurs collègues occidentaux arrivent dans leurs départements.
Quelle humiliation à un niveau si élevé de ce qui aurait dû être le temple de
la remise en question des enseignements de propagande apprise à l’école
occidentale ? Dans tous les cas, il n’y a rien à espérer d’une catégorie
aussi soumise d’Africains, fussent-ils des pluri-diplômés de toutes les
universités du monde. Ce sont en effet les mêmes qui n’arrivent pas à
comprendre que je peux émettre l’idée d’une alliance plus profitable avec la
Chine. Pour eux, tout ce qui n’est pas de l’Occident dépasse leur entendement.
Et sent l’espionnage chinois ou du KGB, même si ce dernier a été depuis
remplacé par un organisme qu’ils sont incapables de dire comment cela
s’appelle. . La jeunesse africaine doit être capable de comprendre le
niveau de complexité de la société occidentale pour s’habituer au fait que le
vert peut être au fait bleu et le noir, marron, tout dépend de l’angle de
vision. Dans son livre : « La Pensée Complexe », le penseur
français Edgar Morin, explique pourquoi l’Occident a pris l’avance sur les
autres peuples de la planète, par la pensée complexe, par le fait de n’être
certain de rien, de mettre le doute en toute chose. Il écrit : « Nous
demandons à la pensée qu'elle dissipe les brouillards et les obscurités,
qu'elle révèle les lois qui nous gouvernent. Le mot de complexité, lui, ne peut
qu'exprimer notre embarras, notre confusion, notre incapacité à définir de
façon simple, à nommer de façon claire. La complexité est un mot problème et
non un mot solution ». L’histoire contemporaine africaine devra s’inscrire
dans une logique de complexité, donc de doute, de problème, d’embarras pour
tendre vers la vérité, plutôt que de simplicité, voir, de certitude naïve.
Jean-Paul Pougala
Douala le 22/11/2012
(*) Jean-Paul Pougala enseigne « Géostratégie
Africaine » à l’Institut Supérieur de Management ISMA à Douala au
Cameroun.